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Waneek Horn-Miller

Lundi 19 novembre 2018 | 9 h – 10 h

Réconciliation autochtone Trouver un terrain d’entente par le dialogue

WANEEK HORN-MILLER a surmonté la discrimination et des traumatismes pour devenir une militante et une athlète olympique dès plus inspirante en Amérique du Nord. De sa première page du magazine TIME à son ancien rôle dans l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, elle inspire nos collectivités à surmonter l’adversité et nous aide à faire de la réconciliation – justice, guérison et dialogue – une pierre angulaire de nos institutions nationales.

“Je connais beaucoup de femmes qui ont été victimes de violence, ou qui connaissent quelqu’un qui a été touché par la violence, mais je veux que le public sache que ce problème ne touche pas seulement les Autochtones; il touche l’ensemble du Canada.”

— Waneek Horn-Miller

Tout au long de sa vie, Waneek Horn-Miller a défendu ce qui était juste – en tant que mère, militante, athlète et entrepreneure. Cela a entraîné des choix difficiles, de la douleur et des sacrifices. Mais cette détermination a aussi fait d’elle l’une des personnalités les plus inspirantes du Canada. Auparavant, elle a assumé le rôle de directrice de l’engagement communautaire pour l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, poste qu’elle a occupé jusqu’en 2017. En établissant des liens entre la commission et les familles de victimes, ainsi que le public, elle a donné un visage reconnaissable et digne de confiance à une initiative incroyablement importante : une initiative qui vise la justice, la sensibilisation à la violence contre les femmes autochtones et la promotion de la double tâche de guérison et de réconciliation.

La vie publique de Mme Horn-Miller a commencé en 1990, quand elle avait 14 ans. Pendant la crise d’Oka, elle a protesté contre le projet d’aménagement de condos et d’un terrain de golf sur les terres traditionnelles Kanien'kehá:ka (mohawk) et des cimetières près de Montréal. Après près de 80 jours d’affrontement avec la GRC et les forces armées, elle a été poignardée à la poitrine par un soldat canadien portant une baïonnette. L’image d’elle, blessée, tenant sa jeune sœur dans ses bras, a été diffusée dans tous les médias nationaux – et a galvanisé davantage les Canadiens à mieux comprendre les questions autochtones et à s’en préoccuper.

Cette expérience de mort imminente a marqué un tournant dans sa vie. Au lieu de succomber à des traumatismes très réels, et au trouble de stress post-traumatique, elle a trouvé la force de continuer et de réaliser des choses incroyables. “Je suis la descendante de gens qui ont vécu des choses horribles dans le passé, dit-elle. Guerre, mort, famine, génocide. Combien de fois mes ancêtres ont-ils voulu abandonner, se coucher et mourir? Mais ils ne l’ont pas fait. Ils se sont battus pour continuer. Il faut continuer à aller de l’avant.”

“J’encourage tous les jeunes Canadiens à regarder au-delà des couleurs et des frontières et à collaborer pour résoudre les problèmes en équipe.”

— Waneek Horn-Miller

L’une des plus grandes réalisations de Mme Horn-Miller a été l’athlétisme. “Le sport dans le monde autochtone est plus qu’une simple activité physique, dit-elle. C’est un dispositif de prévention du suicide. C’est un créateur d’estime de soi. C’est un développeur de leadership”. Elle a été la première femme à être nommée athlète de l’année de l’Université Carleton, titre qu’elle a remporté quatre années de suite. Après avoir remporté l’or avec son équipe de water-polo aux Jeux panaméricains de 1999 et le titre de joueuse la plus utile du Championnat canadien senior féminin de water-polo, elle est devenue la première femme mohawk du pays à participer aux Jeux olympiques à titre de co-capitaine d’Équipe Canada à Sydney en 2000. La même année, elle a fait la couverture de la revue TIME. Cela a constitué une autre image emblématique – une image de dignité, d’équilibre et de pouvoir, par opposition à la douleur et à la peur – ainsi qu’un jalon pour les athlètes autochtones. Elle a ensuite remporté la médaille de bronze aux Championnats du monde FINA de 2001 et est devenue porteuse du flambeau pour les Jeux olympiques d’hiver à Turin. Mme Horn-Miller a été sélectionnée pour faire partie de la liste des femmes les plus influentes dans le milieu du sport et de l’activité physique par l’Association canadienne pour l’avancement des femmes, du sport et de l’activité physique.

Après avoir pris sa retraite en tant qu’athlète, elle a continué à aider d’autres personnes à réussir dans le sport et à mener une vie saine et équilibrée. Elle a été chef de mission adjointe pour Équipe Canada aux Jeux panaméricains de 2015. Elle est aussi l’animatrice de Working It Out Together, initiative de 13 documentaires portant entre autres sur l’alimentation saine, avec le réseau de télévision autochtone Aboriginal Peoples Television Network, qui vise à créer un « mouvement autochtone de changement positif » et présente des leaders dynamiques en matière de promotion de la santé ainsi que des femmes et des hommes courageux qui découvrent ce qu’il faut pour être bien et prospérer. Son travail a été reconnu par un DAREarts Cultural Award en 2015.

Elle est également ambassadrice de Manitobah Mukluks, marque de chaussures mondialement connue qui a été portée par Kate Moss, Jessica Biel et Megan Fox. Connue pour être une entreprise autochtone et fièrement canadienne, Manitobah Mukluks appuie les collectivités autochtones, partage le succès avec les autres, perpétue les traditions et célèbre l’histoire vivante – un mélange irrésistible de mode, de produits de qualité et de responsabilité sociale.

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Pendant qu’elle participait aux travaux de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, Waneek Horn‑Miller savait que le processus était aussi important que les résultats. . L’Enquête visait à exposer les causes sous‑jacentes de la violence dans ce pays – et à formuler des recommandations pour les éliminer – de manière opportune et organisée. Mais cela devait être équilibré avec les besoins émotionnels des participants – leur besoin profond d’être entendus, validés et humanisés. Autrement dit, elle devait donner aux victimes et à leur famille la possibilité de guérir. Dans son discours, Mme Horn‑Miller décrit le travail difficile, mais nécessaire, qui nous attend si nous voulons échapper à notre histoire de conflit et passer à un lieu de compréhension mutuelle. Si nous adoptons le véritable esprit de réconciliation, nous devons en faire un mode de vie – une pierre angulaire de la façon de procéder en tant que société multiculturelle – et pas seulement une destination. Pour Mme Horn‑Miller, cela nécessite écoute et dialogue. Cela signifie de faire preuve d’empathie à l’égard de ceux qui ont des points de vue différents et de ne pas fuir le débat. Cela signifie une réflexion axée sur des solutions enracinée dans nos aspirations communes. Si nous pouvons y arriver, nous pouvons faire quelque chose d’unique dans ce pays. Nous pourrons comprendre ce qu’est la réconciliation : une façon de remédier aux torts, de vivre en harmonie et de guérir ceux qui en ont le plus besoin.

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Juan Marcellus Tauri (tribu Ngati Porou)

Lundi 19 novembre 2018 | 13 h – 14 h

Maître de conférences, Faculté des arts et des sciences, Université de Waikato

Justice réparatrice et peuples autochtones : projet colonial ou praxis émancipatrice?

Membre de l’iwi (tribu) Ngati Porou de Nouvelle-Zélande, Juan Tauri est maître de conférences en criminologie, à l’École de sociologie et de politiques sociales de l’Université de Waikato. Diplômé de l’Université de Cambridge, il est un commentateur critique des problèmes que vivent les peuples autochtones face aux systèmes de justice criminelle colonialistes. Juan Tauri a mené des projets de recherche en Nouvelle-Zélande, au Canada et en Australie, sur divers sujets, y compris les bandes de jeunes, la violence conjugale, l’expérience des Autochtones dans les prisons et la mondialisation de la justice réparatrice. Ses travaux ont fait l’objet d’une vaste publication et il a récemment codirigé la réalisation d’un numéro spécial de l’African Journal of Criminology and Justice Studies sur les perspectives autochtones et la criminologie anticoloniale, et publié un livre, conjointement avec le professeur Chris Cunneen, de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, Indigenous Criminology, le premier ouvrage consacré à ce sujet. Juan Tauri poursuit présentement ses recherches sur les recoupements entre la race, l’ethnicité et l’élaboration de programmes de justice réparatrice et sur l’expérience vécue par les jeunes Autochtones en matière de justice criminelle en Nouvelle-Zélande, en Australie et aux États-Unis, dans le cadre d’un projet conjoint subventionné de l’Université de Waikato et de l’Université d’Auckland (Nouvelle-Zélande).

Résumé

Célébrées par les demi-dieux de la justice réparatrice, les conférences avec des groupes de familles (CGF) sont, avec la capacité des mouvements de justice réparatrice, devenues synonymes de réponse aux besoins des différentes populations en matière de justice. Selon leur position théorique ou idéologique, certains les considèrent comme essentielles à la résurrection des anciennes pratiques de justice réparatrice « occidentales », par le truchement d’une application et d’une appropriation judicieuses et condescendantes des philosophies et des pratiques culturelles autochtones. À l’aide de l’étude de cas fournie par le forum des CGF, Juan Tauri remettra en question, dans le cadre de cet exposé, les nombreuses affirmations au sujet du potentiel émancipateur des pratiques de justice réparatrice pour les collectivités marginalisées, plus particulièrement les peuples autochtones qui vivent au sein de contextes colonialistes.

Il présentera, en premier lieu, une critique approfondie des assertions des défenseurs de la justice réparatrice et fera la démonstration que la réponse du mouvement aux peuples autochtones partage des similarités avec les projets coloniaux utilisés par les États colonialistes pour assujettir les peuples autochtones. Dans la dernière partie de son exposé, il tentera une réconciliation, alors qu’un éventail de mesures, de politiques et de stratégies sera proposé sur la manière dont l’industrie de la justice réparatrice peut devenir une meilleure alliée pour les peuples autochtones qui cherchent à obtenir un certain degré d’autonomie sur le plan de la compétence, laquelle fait partie de leurs droits comme peuples autochtones.

 

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GROUPE DE DISCUSSION

Mardi 20 novembre 2018 | 9 h – 10 h

SUR LA MISE EN ŒUVRE DES APPELS À L’ACTION 25 À 42 DE LA CVR

À Ottawa, du 31 mai au 3 juin 2015, pendant les événements de clôture de la Commission de vérité et réconciliation (CVR), celle-ci a rendu publics 94 appels à l’action. Les appels à l’action 25 à 42 sont présentés sous la rubrique « Justice ». Ces appels à l’action portent sur le racisme systémique, la surreprésentation dans le système correctionnel des jeunes délinquants et des délinquants adultes métis, inuits ou issus des Premières Nations, la nécessité d’offrir plus de programmes communautaires pour faire face aux difficultés liées à l’ETCAF, les besoins des victimes ainsi que les graves dynamiques qui entraînent un si grand nombre de délinquants jeunes et adultes métis, inuits et issus des Premières Nations dans le système de justice pénale. 

Les gouvernements et la société civile ont réfléchi et répondent à ces appels à l’action. Quelles sont les prochaines étapes?

Le groupe de discussion offre l’occasion aux différents ordres de gouvernement et organisations de décrire les plans (justification, mise en œuvre et évaluation) qu’ils ont élaborés pour répondre aux appels à l’action liés à la justice, plus particulièrement en matière de justice réparatrice et d’approches judiciaires autochtones.  

+ J. Glen Gardner, C.r., Sous-ministre de la justice et sous-procureur général

J. Glen Gardner, c.r., est sous-ministre de la Justice et sous-procureur général pour la province de la Saskatchewan. Auparavant, il était sous ministre adjoint de la Division de l’innovation et directeur du Bureau de règlement des différends du ministère de la Justice. M. Gardner a joué un rôle déterminant pour soutenir le mandat d’innovation du Ministère qui vise à faire face aux défis que pose l’accès à la justice. Après avoir obtenu son diplôme de la faculté de droit de l’Université de la Saskatchewan en 1980, il a pratiqué le droit en cabinet privé à titre d’associé pendant plusieurs années. En 1988, Glen est devenu médiateur pour le ministère de la Justice et a ainsi commencé une longue carrière vouée à la médiation et à la résolution de conflits. Pendant sa carrière, il a occupé les postes de chef de cabinet pour le Conseil exécutif de la Saskatchewan et de conseiller principal en relations de travail pour le ministère de la Santé. De plus, il a été chargé de cours et chercheur invité à la faculté de droit de l’Université de la Saskatchewan, instructeur pour le cours de préparation au barreau et enseignant à l’École des études supérieures en politique publique Johnson Shoyama et à l’Institut national de la magistrature. Au cours des années, il a aussi souvent fait des présentations lors de séances de formation juridique continue. En 2016, M. Gardner a reçu le titre de conseiller de la reine.

+ Chef de tribu Mark Arcand, directeur professionnel Conseil tribal de Saskatoon

Le chef de tribu Mark Arcand est membre de la Nation crie Muskeg Lake située sur le territoire du Traité n°6 et il habite à Saskatoon, en Saskatchewan. Depuis qu’il a été élu chef de tribu du Conseil tribal de Saskatoon, en octobre 2017, Mark Arcand a consacré ses efforts à atténuer les effets des pensionnats, en favorisant l’éducation culturelle et en chérissant le cadeau que sont les enfants. Avant de tenir le rôle de chef de tribu, Mark a occupé le poste de chef adjoint du Conseil tribal de Saskatoon, d’octobre 2013 à octobre 2017. Avant d’occuper des postes de direction au Conseil tribal de Saskatoon, le chef de tribu Arcand était un employé du Conseil et a occupé les rôles de gestionnaire des partenariats pour le perfectionnement de la main-d’œuvre et de coordonnateur des activités sportives, culturelles et récréatives pour les jeunes. Ayant grandi au sein d’une collectivité membre du Conseil tribal de Saskatoon, où il a aussi travaillé, le chef de tribu Arcand a un attachement indéfectible au Conseil qui nourrit sa volonté d’améliorer la qualité de vie au moyen du renforcement des capacités des Premières Nations. Sa passion pour l’accompagnement et le mentorat auprès des jeunes dans les domaines du sport et des loisirs se perpétue dans ses activités de services communautaires en tant qu’arbitre et entraîneur. Il organise de nombreux événements sportifs et des collectes de fonds, y compris le Youth Leadership Through Sports Program (programme de leadership chez les jeunes grâce aux sports), le tournoi de golf Swing Fore Kids du Conseil tribal de Saskatoon et différents tournois sportifs.
Il détient une désignation professionnelle (directeur professionnel) dans la gestion des membres de conseil d’administration qu’il a obtenu en mai 2016 de l’entreprise Governance Solutions Inc.

+ Le maire Charlie Clark, Saskatoon

En octobre 2016, Charlie Clark a été élu maire de Saskatoon. Il a été auparavant conseiller municipal du quartier 6 pendant dix ans. Ses antécédents professionnels couvrent les domaines de la médiation, de l’éducation et du développement économique communautaire.
Le maire Clark a pris part à des conversations à l’échelle du pays sur le rôle clé que jouent les villes comme moteurs d’innovation et gardiennes de la qualité de vie de tous les citoyens. Il a offert des conférences à l’échelle nationale sur le logement abordable, le développement urbain et les questions liées au maintien de l’ordre et à la sécurité communautaire. Il s’est engagé à travailler avec le talent et la résilience des habitants de Saskatoon pour en faire une ville qui atteint ses objectifs. Il est l’époux de Sarah Buhler, professeure de droit à l’Université de Saskatchewan, et fier papa de trois enfants : Simon, Ben et Rachel.

+ Troy Cooper, Chef de police, service de police de Saskatoon

Le chef Cooper s’est joint au service de police de Prince Albert en 1987 et il est sorti premier de sa promotion en 1988. Après 31 ans de service à Prince Albert, le chef Cooper a prêté serment au bureau du chef de police du service de police de Saskatoon le 28 février 2018. En plus de s’être vu décerner la Médaille pour services distingués et la Médaille des services de protection, il a reçu la Médaille du centenaire de la Saskatchewan ainsi que la Médaille de jubilé de la reine et il est membre de l’Ordre du mérite des corps policiers. Le chef Cooper détient un certificat en leadership policier avec spécialisation en administration de l’Université Dalhousie, un baccalauréat ès arts avec une majeure en justice pénale de l’Université d’Athabasca et une maîtrise en administration des affaires axée sur les services policiers et la sécurité de l’Université Charles-Sturt. Le chef Cooper est diplômé du Programme de perfectionnement des cadres supérieurs du Collège canadien de police et du Senior Management Institute for Police à l’Université Boston. Le chef Cooper est membre de l’Association internationale des chefs de police, de l’Association canadienne des chefs de police et de l’Association des chefs de police de la Saskatchewan. Il siège au Comité consultatif national des Services nationaux de police, il est le président du Comité sur les femmes et les filles autochtones disparues ou assassinées de l’Association des chefs de police de la Saskatchewan, il est le président du chapitre de la Saskatchewan du Groupe d’intérêt canadien en technologie de l’interopérabilité et il est membre du conseil d’administration du programme Restorative Action.

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Dr Kerry Clamp

Mardi 20 novembre 2018 | 13 h – 14 h

Professeure adjointe, École de sociologie et de politiques sociales, Université de Nottingham

Combler le fossé : l’importance d’une théorie éclairée par la pratique et d’une pratique éclairée par la théorie

Kerry Clamp est professeure adjointe à l’École de sociologie et de politiques sociales de l’Université de Nottingham. Titulaire de diplômes des universités d’Afrique du Sud, de Sheffield et de Leeds, elle a occupé des postes de professeure en Angleterre et en Australie. Mme Clamp a abondamment écrit sur la conceptualisation et l’application de la justice réparatrice au sein de contextes de transition, ainsi que dans le domaine du maintien de l’ordre. À l’heure actuelle, elle mène une enquête nationale sur la justice réparatrice au sein des forces policières en Angleterre et au Pays de Galles. Elle est présidente du comité éditorial et éditrice du bulletin d’information du Forum européen pour la justice réparatrice, depuis 2011. Elle est aussi la nouvelle présidente du conseil d’administration du Restorative Justice Council du Royaume-Uni.

Résumé

Dans son exposé, Kerry Clamp soutiendra que le mouvement de justice réparatrice a eu, pour principale préoccupation, de fournir une description de ce en quoi consiste la justice réparatrice, d’en débattre et de théoriser sur le sujet, tout en n’accordant qu’une attention limitée au fait de discuter de la question à savoir pourquoi la justice réparatrice est importante et quelles sont les principales hypothèses qui la soutiennent. Sans une pratique explicite, théoriquement fondée, on ne peut obtenir les importants résultats qui nous semblent essentiels pour entraîner un changement durable (qu’il s’agisse d’une réforme individuelle ou institutionnelle).

L’adoption d’un cadre de pratique explicite a pour conséquence de nous obliger à délaisser la définition de ce à quoi les processus doivent ressembler pour débattre du rôle fondamental que les praticiens doivent assumer pour créer des possibilités qui permettent aux gens de donner un sens à leur vie, dans un souci d’établir des relations saines et durables. L’importance d’une telle approche ne peut être saisie que si nous sommes en mesure de comprendre pourquoi les gens adoptent des comportements préjudiciables et de déterminer quels outils sont nécessaires pour les aider à orienter leurs actions et leurs réactions, lorsqu’ils sont saisis d’émotions intenses. L’argument central est que la justice réparatrice ne consiste pas à créer un milieu pour apprendre aux autres où réside la « racine de leur mauvaise conduite » (ou, plus couramment, pour « tenir les délinquants responsables de leur comportement »), mais de créer un environnement sûr au sein duquel ils peuvent donner un sens à leur vie.

À cette fin, le praticien doit donc faire appel à la méthode socratique qui permet aux participants de réfléchir sur ce qui leur est arrivé, avant de tourner leur attention vers ce qui est arrivé aux autres. Sans cette connaissance, il est difficile, pour ceux qui ont porté atteinte à autrui, de réagir de manière non défensive (consulter les techniques de neutralisation de Sykes et Matza) et d’entreprendre un processus d’autorationalisation, ou de s’adonner à ce que l’on pourrait appeler un exercice de justification fondée sur la morale. Par conséquent, le rôle de l’animateur est d’aider la personne à déterminer ce qui est important dans sa propre vie et de l’amener à donner un sens à la honte qui sous-tend ses émotions (et, conséquemment, ses actions) et aux émotions (et réactions) des autres, afin d’établir des relations saines et durables.

 

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Simon Bird

Sunday, November 18, 2018 - Tuesday, November 20, 2018

événement MC & Modérateur du panel

Simon Bird appartient à la Nation crie de Peter Ballantyne. Il a grandi dans la collectivité de Southend sur le lac Reindeer : collectivité d’attache des Assin 'skowitiniwak. Dans son enfance, il a appris les activités traditionnelles des résidants du Nord, dont la pêche, la chasse, le piégeage et la conduite des chiens de traîneau. Comme il le dit, ses ressources linguistiques se trouvaient dans le bateau et dans la nature. Il est très fier des deux enfants, Sabriya et Kiyanaw, qu’il a eus avec son épouse Naomi Bird. Simon détient un baccalauréat en éducation, une maîtrise en administration scolaire et une maîtrise en gouvernance et développement du Nord. Il est très fier de parler couramment le cri, et il se lève à 6 h, du lundi au vendredi, pour enseigner la langue à toute personne qui veut bien participer à son cours sur Facebook en direct. Le groupe #CreeSimonSays compte plus de 12 500 membres et croît progressivement, car de plus en plus de personnes utilisent la technologie pour communiquer, apprendre ou tout simplement rire des publications qui célèbrent la culture sociale de la Nation crie.

Une des compétences les plus prisées de Simon est son éthique de travail, qu’il a apprise à la maison en pratiquant ses activités traditionnelles. Il a transféré ces compétences acquises dans la nature à son aventure au-delà des frontières traditionnelles de son peuple. Aujourd’hui, Simon avoue qu’il s’agit là du fondement même de son caractère. Il croit fermement aux vertus de son éducation traditionnelle et normative. Les leçons assimilées dans la nature sont tout aussi utiles que celles apprises en salle de classe et s’appliquent directement à tous les secteurs de la société. Simon est d’avis qu’il est essentiel de continuer d’apprendre et de poser des questions aux Aînés, sans fermer la porte à notre passé.

C’est une philosophie qui lui est très utile dans sa carrière professionnelle dans le domaine de l’éducation ou en politique. Il a été enseignant, directeur d’école, agent de liaison, entraîneur et surintendant de l’enseignement, et est maintenant directeur de l’éducation pour la Bande de Lac La Ronge. Avant de revenir dans le domaine de l’éducation, il a été chef adjoint de la F.S.I.N et s’est occupé du portefeuille de l’éducation pendant la majorité de son mandat. Trois mois avant la fin de son mandat de trois ans, lui et sa famille ont décidé de passer plus de temps ensemble et il a quitté ses fonctions.

Peu de temps après avoir quitté la politique, Simon a canalisé sa passion pour l’éducation en acceptant le poste de surintendant de l’enseignement auprès de l’Autorité scolaire des Stoney. Le territoire des Stoney Nakoda compte trois collectivités et quatre écoles. Actuellement, Simon est directeur de l’éducation pour la Bande indienne de Lac La Ronge. La collectivité, dont la population s’élève à environ 11 000 membres, a fait de la langue et de la culture des priorités absolues. La revitalisation et la conservation de la langue crie par la mobilisation des élèves continueront d’être au cœur de toutes les initiatives d’éducation à l’avenir. Grâce à la technologie, il a pu aider de nombreuses personnes à apprendre le cri ou à renouer avec leur langue. La technologie continue de rapprocher les enseignants et les élèves de nombreuses façons. Dans ses temps libres, Simon anime, par l’intermédiaire des médias sociaux, une initiative linguistique qui a pour but de rendre l’apprentissage amusant. Il espère que les utilisateurs ne se contenteront pas de la matière enseignée sur son site, mais qu’ils utiliseront les leçons apprises et demanderont aux autres de les confirmer, favorisant ainsi le dialogue dans l’une des langues des Premières Nations les plus répandues au Canada.

#‎CreeSimonSays a sa propre façon d’enseigner la langue crie.

Il a recours à la phonétique. Par exemple, Miyokīsikaw devient ‘May You Kiss A Cow’ (mé iou kisse e kow); le terme signifie ‘c’est une belle/bonne journée’ dans le dialecte en y. Les publications comprennent des mots en cri, des mots en anglais, des photos courantes et des jeux de mots qui peuvent être utilisés comme indices pour aider les gens à apprendre, à se rappeler et à poser des questions. Simon est convaincu que la langue ressemble à la compétence d’un chasseur, d’un pêcheur et d’un trappeur, car elle donne la confiance nécessaire pour tirer le meilleur parti possible de ce que la vie a à offrir.

 

À venir

Le but du comité de planification de 2018 est d’offrir des ateliers qui permettent de riches débats sur des questions cruciales en matière de justice réparatrice à propos des cinq volets de la programmation : guérison, transformation, réconciliation, inclusion et habilitation.  

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